JULES VERNE · Parte 2

Capítulo 26

Capítulo 26

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Adaptación al francés contemporáneo utilizada para la edición narrada. La revisión editorial continúa.

En route vers la côte. — Quelques bandes de quadrumanes. — Un nouveau cours d’eau. — Pourquoi la marée ne s’y fait pas sentir. — Une forêt pour littoral. — Le promontoire du Reptile. — Gédéon Spilett fait envie à Harbert. — La pétarade des bambous.

À six heures du matin, après un premier déjeuner, les colons se remirent en route. Ils comptaient gagner la côte occidentale de l’île par le chemin le plus court. Combien de temps leur faudrait-il ? Cyrus Smith avait dit deux heures, mais tout dépendait évidemment des obstacles qu’ils rencontreraient. Cette partie du Far-West semblait couverte d’arbres serrés, comme un immense taillis composé d’essences extrêmement variées. Ils auraient donc probablement à se frayer un passage à travers les herbes, les broussailles et les lianes, la hache à la main. Et sans doute le fusil aussi, à en juger par les cris de fauves entendus pendant la nuit.

La position du mont Franklin leur avait permis de situer précisément leur campement. Puisque le volcan se trouvait au nord, à moins de trois milles, il leur suffisait de marcher en ligne droite vers le sud-ouest pour atteindre la côte occidentale.

Ils partirent après avoir soigneusement amarré la pirogue. Pencroff et Nab emportaient des provisions qui devaient suffire à nourrir la petite troupe pendant au moins deux jours. Il n’était plus question de chasser. L’ingénieur recommanda même à ses compagnons d’éviter tout coup de feu inutile, afin de ne pas signaler leur présence aux environs du littoral.

Ils donnèrent les premiers coups de hache dans les broussailles, au milieu des buissons de lentisques, un peu au-dessus de la cascade. Boussole à la main, Cyrus Smith indiqua la direction à suivre.

La plupart des arbres qui formaient cette partie de la forêt avaient déjà été reconnus aux environs du lac et du plateau de Grande-Vue. C’étaient des déodars, des douglas, des casuarinas, des gommiers, des eucalyptus, des dragonniers, des hibiscus, des cèdres et d’autres essences. Ils étaient généralement assez petits, car leur nombre avait gêné leur développement. Les colons ne pouvaient donc avancer que lentement sur cette route qu’ils ouvraient à mesure. Dans l’esprit de l’ingénieur, elle devrait plus tard rejoindre celle du Creek-Rouge.

Depuis leur départ, les colons descendaient les pentes basses qui formaient le relief de l’île. Le terrain était très sec, mais sa végétation luxuriante laissait supposer la présence d’un réseau d’eaux souterraines ou d’un ruisseau voisin. Pourtant, Cyrus Smith ne se souvenait pas d’avoir aperçu d’autres cours d’eau que le Creek-Rouge et la Mercy lors de son excursion au cratère.

Pendant les premières heures de marche, ils revirent des bandes de singes qui semblaient extrêmement étonnés par ces hommes, dont l’aspect leur était nouveau. Gédéon Spilett demandait plaisamment si ces quadrumanes agiles et robustes ne les prenaient pas, ses compagnons et lui, pour des frères dégénérés ! Et franchement, les simples piétons ne faisaient pas grande figure : à chaque pas, les broussailles les gênaient, les lianes les retenaient, les troncs d’arbres leur barraient le chemin. Les souples animaux, eux, bondissaient de branche en branche sans que rien les arrête. Les singes étaient nombreux, mais, très heureusement, ils ne montrèrent aucune hostilité.

Ils virent aussi quelques sangliers, des agoutis, des kangourous et d’autres rongeurs, ainsi que deux ou trois koulas auxquels Pencroff aurait volontiers envoyé quelques charges de plomb.

— Mais la chasse n’est pas ouverte, disait-il. Gambadez donc, mes amis, sautez et volez en paix ! Nous vous dirons deux mots au retour !

À neuf heures et demie du matin, leur route, qui filait droit vers le sud-ouest, fut soudain barrée par un cours d’eau inconnu, large de trente à quarante pieds. Son courant rapide, entraîné par la pente du lit et brisé par de nombreux rochers, se précipitait avec de puissants grondements. Ce creek était profond et clair, mais toute navigation y aurait été impossible.

— Nous voilà bloqués ! s’écria Nab.

— Non, répondit Harbert. Ce n’est qu’un ruisseau, et nous saurons bien le traverser à la nage.

— À quoi bon ? répondit Cyrus Smith. Il est évident que ce creek se dirige vers la mer. Restons sur sa rive gauche et suivons la berge. Je serai bien étonné s’il ne nous mène pas très vite à la côte. En route !

— Un instant, dit le reporter. Et le nom de ce creek, mes amis ? Ne laissons pas notre géographie incomplète.

— Juste ! dit Pencroff.

— Donne-lui un nom, mon enfant, dit l’ingénieur au jeune garçon.

— Ne vaut-il pas mieux attendre de l’avoir exploré jusqu’à son embouchure ? fit observer Harbert.

— Soit, répondit Cyrus Smith. Suivons-le donc sans nous arrêter.

— Un instant encore ! dit Pencroff.

— Qu’y a-t-il ? demanda le reporter.

— Si la chasse est interdite, la pêche est permise, je suppose ? dit le marin.

— Nous n’avons pas de temps à perdre, répondit l’ingénieur.

— Oh ! Cinq minutes ! répliqua Pencroff. Je ne vous demande que cinq minutes dans l’intérêt de notre déjeuner !

Pencroff s’allongea sur la berge et plongea les bras dans les eaux vives. Il en fit bientôt jaillir quelques douzaines de belles écrevisses, qui fourmillaient entre les roches.

— Voilà qui sera bon ! s’écria Nab en venant aider le marin.

— Quand je vous dis qu’il y a de tout dans cette île, sauf du tabac ! murmura Pencroff avec un soupir.

La pêche fut miraculeuse en moins de cinq minutes, tant les écrevisses pullulaient dans le creek. On remplit un sac de ces crustacés à la carapace bleu cobalt et au rostre armé d’une petite dent, puis on reprit la route.

Depuis qu’ils longeaient ce nouveau cours d’eau, les colons marchaient plus facilement et plus vite. Aucune empreinte humaine ne marquait les rives. De temps à autre, ils relevaient quelques traces de grands animaux qui venaient habituellement boire au ruisseau, mais rien de plus. Ce n’était donc pas encore dans cette partie du Far-West que le pécari avait reçu le grain de plomb qui coûtait une molaire à Pencroff.

En observant ce courant rapide qui fuyait vers la mer, Cyrus Smith en vint pourtant à supposer qu’ils étaient bien plus loin de la côte occidentale qu’ils ne le croyaient. À cette heure, en effet, la marée montait sur le littoral. Si l’embouchure n’avait été qu’à quelques milles, elle aurait dû refouler les eaux du creek. Or, rien de tel ne se produisait : l’eau continuait à suivre la pente naturelle du lit. L’ingénieur dut en être très étonné. Il consulta souvent sa boussole pour s’assurer qu’un détour de la rivière ne le ramenait pas vers l’intérieur du Far-West.

Le creek s’élargissait cependant peu à peu, et ses eaux devenaient moins tumultueuses. Les arbres étaient aussi serrés sur la rive droite que sur la gauche, si bien que le regard ne pouvait porter au-delà. Mais ces masses boisées étaient certainement désertes, car Top n’aboyait pas. L’intelligent animal aurait à coup sûr signalé la présence de tout étranger près du cours d’eau.

À dix heures et demie, à la grande surprise de Cyrus Smith, Harbert, qui avait pris un peu d’avance, s’arrêta soudain et s’écria :

— La mer !

Quelques instants plus tard, les colons s’arrêtèrent à la lisière de la forêt et virent le rivage occidental de l’île se déployer sous leurs yeux.

Quel contraste avec la côte est, sur laquelle le hasard les avait d’abord jetés ! Plus de muraille de granit, aucun écueil au large, pas même une grève de sable. La forêt formait le littoral. Ses derniers arbres, battus par les vagues, se penchaient sur les eaux. Ce n’était pas une côte comme la nature en fait habituellement, en étendant de vastes tapis de sable ou en groupant des roches, mais une admirable lisière composée des plus beaux arbres du monde. La berge s’élevait au-dessus du niveau des plus hautes marées. Sur tout ce sol luxuriant, porté par une base de granit, les splendides essences forestières semblaient aussi solidement enracinées qu’à l’intérieur de l’île.

Les colons se trouvaient à l’entrée d’une petite crique insignifiante. Elle n’aurait même pas pu contenir deux ou trois barques de pêche et servait de débouché au nouveau creek. Mais, curieuse disposition, au lieu de rejoindre la mer par une embouchure en pente douce, ses eaux tombaient de plus de quarante pieds de haut. Voilà pourquoi la marée montante ne s’était pas fait sentir en amont. Même au plus haut, les marées du Pacifique ne devaient jamais atteindre le niveau de la rivière, dont le lit formait un bief supérieur. Des millions d’années s’écouleraient sans doute encore avant que l’eau ait rongé ce fond de granit et creusé une embouchure praticable. D’un commun accord, ils donnèrent donc à ce cours d’eau le nom de « rivière de la Chute » (Falls-river).

Vers le nord, la lisière de la forêt se prolongeait sur environ deux milles. Les arbres devenaient ensuite plus rares et laissaient apparaître, au-delà, des hauteurs très pittoresques suivant une ligne presque droite orientée du nord au sud. En revanche, entre la rivière de la Chute et le promontoire du Reptile, la côte n’était que masses boisées. La longue ondulation de la mer venait baigner les racines de ces magnifiques arbres, les uns droits, les autres penchés. C’était de ce côté, sur toute la presqu’île Serpentine, qu’il fallait poursuivre l’exploration : cette partie du littoral offrait des refuges que l’autre, aride et sauvage, aurait évidemment refusés à des naufragés, quels qu’ils soient.

Le temps était beau et clair. Du haut d’une falaise où Nab et Pencroff préparèrent le déjeuner, la vue pouvait s’étendre au loin. L’horizon était parfaitement net, sans une voile au large. Aussi loin que portait le regard, pas un bâtiment sur le littoral, pas même une épave. Mais l’ingénieur ne se croirait fixé qu’après avoir exploré la côte jusqu’à l’extrémité de la presqu’île Serpentine.

Le déjeuner fut vite expédié. À onze heures et demie, Cyrus Smith donna le signal du départ. Pour longer le littoral, les colons durent marcher sous les arbres au lieu de suivre le bord d’une falaise ou une grève de sable.

Environ douze milles séparaient l’embouchure de la rivière de la Chute du promontoire du Reptile. Sur une grève praticable, ils auraient pu les parcourir en quatre heures sans se presser. Il leur fallut pourtant le double : ils étaient sans cesse arrêtés par des arbres à contourner, des broussailles à couper et des lianes à rompre. Ces détours répétés allongeaient considérablement leur route.

Rien, d’ailleurs, ne témoignait d’un naufrage récent sur ce littoral. Mais, comme le fit observer Gédéon Spilett, la mer avait pu tout emporter au large. L’absence de traces ne permettait donc pas de conclure qu’aucun navire n’avait été jeté sur cette partie de l’île Lincoln.

Le reporter avait raison. Et l’incident du grain de plomb prouvait de façon incontestable qu’un coup de fusil avait été tiré dans l’île depuis trois mois au plus.

Il était déjà cinq heures, et les colons se trouvaient encore à deux milles de l’extrémité de la presqu’île Serpentine. Il était évident qu’une fois parvenus au promontoire du Reptile, Cyrus Smith et ses compagnons n’auraient plus le temps de regagner avant le coucher du soleil leur campement près des sources de la Mercy. Il faudrait donc passer la nuit sur le promontoire même. Heureusement, les provisions ne manquaient pas, car le gibier à poil ne se montrait plus sur cette lisière qui, après tout, n’était qu’un littoral. En revanche, les oiseaux y fourmillaient : jacamars, couroucous, tragopans, tétras, loris, perroquets, kakatoès, faisans, pigeons et cent autres. Pas un arbre sans nid, pas un nid qui ne soit rempli de battements d’ailes !

Vers sept heures du soir, harassés de fatigue, ils arrivèrent au promontoire du Reptile, sorte de volute dont le contour se découpait étrangement sur la mer. Ici finissait la forêt qui bordait la presqu’île. Sur toute la partie sud, le littoral reprenait l’aspect habituel d’une côte, avec ses rochers, ses récifs et ses grèves. Un navire désemparé avait donc pu s’échouer sur cette portion de l’île. Mais la nuit venait, et il fallut remettre l’exploration au lendemain.

Pencroff et Harbert se hâtèrent de chercher un endroit favorable au campement. Les derniers arbres de la forêt du Far-West s’arrêtaient à cette pointe. Parmi eux, le jeune garçon reconnut d’épaisses touffes de bambous.

— Bon ! dit-il. Voilà une précieuse découverte.

— Précieuse ? répondit Pencroff.

— Sans doute, reprit Harbert. Je ne te dirai pas, Pencroff, que l’écorce de bambou, découpée en lattes souples, sert à faire des paniers ou des corbeilles. Ni que cette écorce, réduite en pâte et macérée, sert à fabriquer le papier de Chine. Ni que les tiges, suivant leur grosseur, fournissent des cannes, des tuyaux de pipe ou des conduites d’eau. Ni que les grands bambous donnent d’excellents matériaux de construction, légers, solides et jamais attaqués par les insectes. Je n’ajouterai même pas qu’en sciant les entre-nœuds et en gardant pour le fond une partie de la cloison transversale qui forme le nœud, on obtient des récipients solides et pratiques, très utilisés par les Chinois ! Non ! Cela ne te satisferait pas. Mais…

— Mais ?…

— Mais je t’apprendrai, si tu l’ignores, qu’en Inde on mange ces bambous comme des asperges.

— Des asperges de trente pieds ! s’écria le marin. Et elles sont bonnes ?

— Excellentes, répondit Harbert. Seulement, on ne mange pas les tiges de trente pieds, mais les jeunes pousses de bambou.

— Parfait, mon garçon, parfait ! répondit Pencroff.

— J’ajouterai que la moelle des jeunes tiges, confite dans du vinaigre, donne un condiment très apprécié.

— De mieux en mieux, Harbert.

— Et enfin que ces bambous laissent suinter entre leurs nœuds un liquide sucré dont on peut faire une boisson très agréable.

— C’est tout ? demanda le marin.

— C’est tout !

— Et ça ne se fume pas, par hasard ?

— Ça ne se fume pas, mon pauvre Pencroff !

Harbert et le marin n’eurent pas à chercher longtemps un endroit favorable pour la nuit. Les rochers du rivage étaient très morcelés : les vents du sud-ouest devaient soulever contre eux de violentes vagues. Ils présentaient des cavités où l’on pourrait dormir à l’abri des intempéries. Mais, au moment où les deux compagnons allaient entrer dans l’une d’elles, de formidables rugissements les arrêtèrent.

— En arrière ! s’écria Pencroff. Nous n’avons que du petit plomb dans nos fusils, et des bêtes qui rugissent aussi bien ne s’en soucieraient pas plus que d’un grain de sel !

Le marin saisit Harbert par le bras et l’entraîna à l’abri des roches, tandis qu’un magnifique animal apparaissait à l’entrée de la caverne.

C’était un jaguar au moins aussi grand que ses congénères d’Asie : il mesurait plus de cinq pieds du bout de la tête à la naissance de la queue. Son pelage fauve, marqué de plusieurs rangées de taches noires en forme d’ocelles réguliers, contrastait avec le poil blanc de son ventre. Harbert reconnut ce féroce rival du tigre, bien plus redoutable que le couguar, qui n’est que le rival du loup !

Le jaguar s’avança et regarda autour de lui, le poil hérissé, l’œil en feu, comme s’il n’avait pas senti l’homme pour la première fois.

À cet instant, le reporter contournait les hautes roches. Croyant qu’il n’avait pas vu le jaguar, Harbert allait s’élancer vers lui. Mais Gédéon Spilett lui fit un signe de la main et continua d’avancer. Il n’en était pas à son premier tigre. Il s’approcha jusqu’à dix pas de l’animal et resta immobile, la carabine à l’épaule, sans le moindre tressaillement.

Le jaguar, ramassé sur lui-même, se jeta sur le chasseur. Mais, au moment où il bondissait, une balle le frappa entre les deux yeux, et il tomba mort.

Harbert et Pencroff se précipitèrent vers le jaguar. Nab et Cyrus Smith accoururent de leur côté. Tous contemplèrent quelques instants l’animal étendu sur le sol, dont la magnifique dépouille ornerait la grande salle de Granite-house.

— Ah ! Monsieur Spilett ! Comme je vous admire et vous envie ! s’écria Harbert dans un élan d’enthousiasme bien naturel.

— Allons, mon garçon, répondit le reporter, tu en aurais fait autant.

— Moi ! Avec un tel sang-froid !…

— Imagine, Harbert, qu’un jaguar est un lièvre, et tu le tireras le plus tranquillement du monde.

— Voilà ! répondit Pencroff. Ce n’est pas plus compliqué que cela !

— Et maintenant, dit Gédéon Spilett, puisque ce jaguar a quitté son repaire, je ne vois pas pourquoi nous ne l’occuperions pas pour la nuit, mes amis.

— Mais d’autres peuvent revenir ! dit Pencroff.

— Il suffira d’allumer un feu à l’entrée de la caverne, dit le reporter. Ils ne se risqueront pas à en franchir le seuil.

— À la maison des jaguars, alors ! répondit le marin en traînant derrière lui le cadavre de l’animal.

Les colons se dirigèrent vers le repaire abandonné. Pendant que Nab dépouillait le jaguar, ses compagnons entassèrent sur le seuil une grande quantité de bois sec, que la forêt fournissait en abondance.

Cyrus Smith, qui avait aperçu la touffe de bambous, alla en couper une certaine quantité et les mêla au bois du foyer.

Ils s’installèrent ensuite dans la grotte, dont le sable était jonché d’ossements. Par précaution, ils chargèrent les armes pour faire face à une attaque soudaine. Ils soupèrent, puis, au moment de se reposer, mirent le feu au tas de bois empilé à l’entrée de la caverne.

Aussitôt, une véritable pétarade éclata ! Les bambous atteints par les flammes détonaient comme des pièces de feu d’artifice ! Ce fracas aurait suffi à lui seul à épouvanter les fauves les plus audacieux !

L’ingénieur n’avait pas inventé ce moyen de provoquer de fortes détonations. D’après Marco Polo, les Tartares l’emploient avec succès depuis des siècles pour éloigner de leurs campements les redoutables fauves de l’Asie centrale.

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